vendredi 30 décembre 2005

Y perdre sa religion

rem_losing_my_religion

English lyrics

La vie est plus forte
Plus forte que toi
Et toi, ce n’est pas moi
Les destinations lointaines où j’irai
La distance de ton regard
Oh non j’en ai trop dit
Je m’explique

Je suis là, dans l’ombre
Je suis là, dans la lumière
Je perds ma religion
A essayer de rester en phase avec toi
Et sans savoir si je peux y arriver
Bien que j’en aie trop dit
Je n’ai pas parlé suffisamment

Il m’a semblé t’avoir entendu rire
Il m’a semblé t’avoir entendu chanter
Il me semble que je t’ai vu essayer


A chaque souffle
A chaque fois que je me réveille
Je choisis mes confessions
En essayant de garder un œil sur toi
Comme un fou blessé, aveuglé et perdu
Oh non j’en ai trop dit
Je m’explique

Considère cela comme l’indice du siècle
Regarde
La faute qui m’a mis à genoux a manqué son objectif
Que va-t-il arriver si tous ces fantasmes

Viennent me menacer comme un fléau
Maintenant j’en ai trop dit


Il m’a semblé t’avoir entendu rire
Il m’a semblé t’avoir entendu chanter
Il me semble que je t’ai vu essayer

Mais ce n’était qu’un rêve
Ce n’était qu’un rêve…

C’est moi dans l’ombre
C’est moi dans la lumière
Je perds ma religion
A essayer de rester dans la course avec toi
Et sans savoir si je peux y arriver
Bien que j’en aie trop dit
Je n’ai pas parlé suffisamment

Il m’a semblé t’avoir entendu rire
Il m’a semblé t’avoir entendu chanter
Il me semble que je t’ai vu essayer

Mais ce n’était qu’un rêve
Essayer
Pleurer
A quoi bon
Essayer

Ce n’était qu’un rêve
Rien qu’un rêve
Rien qu’un rêve
Un rêve



Michael Stipe, très ému par « Every Breath You Take » de Police et l’ambiance obsessionnelle qui se dégage du texte, aurait souhaité écrire un texte encore plus obsédant.

Cette chanson, qui permit à REM de percer, n’avait au départ rien d’un « tube ». Avec un texte énigmatique, une mélodie jouée gentiment à la mandoline par Peter Buck, elle est bien loin de l’accrocheur « Shiny Happy People », le single suivant extrait de l’album « Out Of Time », en 1991, et celui qui devait, selon leur maison de disque, les révéler au grand public.
L’expression « losing religion » est originaire du Sud des USA, et signifie « ne plus savoir quoi faire », alors que beaucoup de gens ont cru à une prise de position de Michael Stipe (le single fut interdit en Irlande à cause de sa prétendue référence religieuse !).
Mais alors que cette chanson ne constitue pas un hit évident (il n’y a pas de refrain, déjà), le message global — un cri du cœur en faveur du respect de l’intimité au moment où arrive la célébrité, a clairement fait vibré une corde sensible. http://www.bbc.co.uk/radio2/soldonsong/songlibrary/losingmyreligion.shtml

En 2001, Michael Stipe annonce son homosexualité, mettant ainsi fin à plusieurs années de spéculations concernant ses orientations sexuelles.
Alors qu'il s'est toujours montré réticent pour parler de sa vie privée, le chanteur a déclaré au magazine Time qu'il vivait une relation depuis trois ans avec quelqu'un qu'il décrit comme exceptionnel, et qui n'est pas du tout célèbre, se sent-il le besoin de préciser. Il pense que le temps était venu de faire son coming-out et s'il avait toujours caché son homosexualité jusque-là, c'est plutôt par lâcheté, dit-il, que d'une réelle envie de préserver sa vie privée du public
Depuis bientôt quinze ans, si tout le monde s’accorde sur la sublime simplicité de la mélodie et sur la nature obsédante de la chanson, les controverses au sujet du sens caché du texte et de la personnalité de Michael Stipe vont bon train.

Je ne résiste pas au plaisir de livrer le commentaire d’un internaute Sud-Africain :

Cette chanson reflète la conscience d’une homosexualité cachée. N’importe quel homo désire secrètement être hétéro ou normal, ne nous voilons pas la face, l’homosexualité ça ne se « vend » pas bien. Cette chanson dévoile son auteur, Michael Stipe, d’un point de vue extérieur (That’s me in the corner, that’s me in the spotlight). Et les endroits lointains où il ira, dans le but de coller au bon modèle, celui qui, croit-il, lui satisfera. Il essaiera de devenir quelqu’un d’autre, pas lui-même (and you are not me). Sans se préoccuper de sa capacité à faire le bon choix, ça reste un mensonge. Des homos bien élevés ont appris la bonne morale, la morale chrétienne, et ils tentent sans répit de s’y conformer, jusqu’à ce que leur vie tombe en morceaux, et qu’ils y perdent leur religion. Un homo aura tendance à s’analyser à outrance, et à adapter son comportement pour se rendre plus acceptable (choosing my confessions), pour se conformer à la morale qu’on lui a inculquée, mais sans jamais trouver l’amour au final. Il parviendra juste à se blesser lui-même parce qu’il se persuade de n’être pas capable (like a hurt, lost and blinded fool) de satisfaire les besoins d’une femme si une d’elles se présentait. Si cela arrivait, il finirait par la blesser par la malhonnêteté de sa démarche (the distance in your eyes). Il essaiera de se conformer à ce dont il est incapable. Jusqu’à ce qu’il réalise que tout ce qu’il voulait n’était qu’un rêve qui ne sera jamais réalisé. Tout ce que les autres ont est inaccessible pour lui et il ne peut rien faire d’autre que l’accepter.

http://www.songfacts.com/detail.php?id=1256&

(ce lien fonctionne, il faut insister en cliquant sur ok, par exemple)

rem1

Posté par caribbeanblue à 10:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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